
Le digital avance vite en Afrique. Très vite.
De plus en plus d’entreprises, petites comme grandes, investissent dans un site web pour gagner en visibilité, toucher de nouveaux clients et parfois même s’ouvrir à l’international. Sur le papier, c’est une excellente décision.
Mais dans la réalité, beaucoup de sites web d’entreprises africaines rencontrent le même problème : l’expérience utilisateur est négligée.
Navigation confuse, site lent, version mobile mal pensée… Résultat :les visiteurs ne comprennent pas, ne restent pas, et ne passent pas à l’action.
Un site web n’est pas là pour exister, il est là pour fonctionner. Dans cet article, on passe en revue les 7 erreurs UX les plus courantes que l’on retrouve sur de nombreux sites d’entreprises africaines, pourquoi elles posent problème, et surtout comment les corriger simplement.
1. Une navigation confuse et mal organisée

La navigation, c’est la base de l’expérience utilisateur. C’est ce qui permet à quelqu’un de comprendre rapidement où il est… et où il peut aller.
Pourtant, on tombe encore trop souvent sur :
- des menus interminables,
- des sous-menus mal hiérarchisés,
- aucune indication pour se repérer.
Imaginons un site de services avec quinze rubriques dans le menu principal, sans logique claire. On cherche simplement la page “Contact”… et on ne la trouve pas. Au bout de quelques secondes, on abandonne.
Le problème, ce n’est pas l’utilisateur. C’est la structure.
En UX, on parle de charge cognitive : plus on oblige une personne à réfléchir, plus on augmente les chances qu’elle quitte le site.
Comment corriger ça ?
- Limiter le menu principal à 5 à 7 rubriques maximum.
- Organiser les pages de façon logique et intuitive.
- Ajouter un fil d’Ariane pour aider l’utilisateur à se repérer.
Un site clair donne l’image d’une entreprise organisée et professionnelle.
2. Des sites pas pensés pour le mobile

En Afrique, le mobile n’est pas une option. C’est souvent le principal moyen d’accès à Internet.
Pourtant, beaucoup de sites restent conçus comme s’ils étaient uniquement consultés sur ordinateur. Pages trop larges, textes illisibles, boutons trop petits… l’expérience mobile devient vite frustrante.
Exemple très courant : un site e-commerce avec des produits affichés en grandes colonnes. Sur smartphone, il faut zoomer, scroller horizontalement, se battre avec l’écran. La plupart des visiteurs quittent la page en quelques secondes.
Conséquence directe :
- mauvaise expérience utilisateur,
- taux de conversion en chute,
- pénalité dans les résultats Google.
La bonne approche :
- concevoir le site en mobile-first,
- utiliser des grilles flexibles (Flexbox, CSS Grid),
- tester régulièrement le site sur différents téléphones.
Un site qui fonctionne bien sur mobile montre que l’entreprise comprend ses utilisateurs.
3. Des temps de chargement trop longs

Un site lent, c’est un site qui perd de l’argent. Simplement.
Images trop lourdes, vidéos en lecture automatique, scripts inutiles, hébergement de mauvaise qualité… Et voilà une page qui met plus de 10 secondes à charger.
Aujourd’hui, les visiteurs n’attendent plus. Au bout de 3 secondes, beaucoup sont déjà partis.
En plus de frustrer les utilisateurs, un site lent :
- nuit au référencement,
- donne une image peu sérieuse de la marque,
- réduit fortement les conversions.
Comment améliorer la performance :
- compresser les images (formats WebP, outils comme TinyPNG),
- éviter les vidéos inutiles,
- supprimer les scripts superflus,
- utiliser un hébergement fiable et, si possible, un CDN.
La vitesse, c’est le confort. Et le confort, c’est la confiance.
4. L’accessibilité complètement oubliée

L’accessibilité est encore trop souvent mise de côté, alors qu’elle concerne tout le monde.
Textes gris clair sur fond blanc, contrastes insuffisants, navigation impossible au clavier… Pour les personnes malvoyantes ou en situation de handicap, certains sites sont tout simplement inutilisables.
Au-delà de l’aspect humain, ignorer l’accessibilité :
- exclut une partie des utilisateurs,
- va à l’encontre des standards internationaux,
- peut poser des problèmes juridiques dans certains contextes.
Les bonnes pratiques essentielles :
- respecter un contraste minimum (4.5:1),
- ajouter des textes alternatifs aux images,
- permettre la navigation au clavier,
- choisir des polices lisibles.
Un site accessible est un site plus clair pour tout le monde.
5. Trop d’informations affichées d’un coup

Beaucoup de sites veulent tout dire… tout de suite.
Résultat : un chaos visuel.
On voit souvent :
- de longs pavés de texte,
- peu d’espaces,
- aucune hiérarchie visuelle.
Exemple typique : une page “À propos” avec 2000 mots d’un bloc, sans respiration. L’utilisateur lit deux lignes, puis décroche.
En UX, on parle ici de surcharge informationnelle. Trop d’informations tuent le message.
La solution :
- structurer le contenu avec des titres clairs,
- utiliser des sous-titres et des visuels,
- aérer avec des espaces blancs,
- aller à l’essentiel.
Un site web n’est pas un rapport annuel.
C’est un outil de communication rapide.
6. Des formulaires trop longs ou mal conçus

Les formulaires sont souvent le dernier pas avant la conversion.
Et pourtant, ce sont aussi l’un des plus gros freins.
Formulaire de contact avec dix champs obligatoires, aucune indication, aucun retour en cas d’erreur… L’utilisateur se décourage.
Conséquence :
- taux d’abandon élevé,
- prospects perdus,
- parfois même un sentiment de méfiance.
Bonnes pratiques UX :
- demander uniquement les informations nécessaires,
- expliquer pourquoi certaines données sont demandées,
- afficher des messages d’erreur clairs,
- utiliser des boutons explicites (“Demander un devis”, “Envoyer”).
Moins il y a de friction, plus l’utilisateur va au bout.
7. Des appels à l’action absents ou inefficaces

Un site sans appel à l’action, c’est comme un vendeur qui ne parle pas.
Beaucoup de sites présentent leurs services, racontent leur histoire… puis s’arrêtent là. Aucun bouton visible, aucune invitation à agir.
L’utilisateur regarde, s’informe… et repart.
Résultat :
- engagement faible,
- opportunités manquées,
- site perçu comme une simple vitrine.
Comment améliorer ça :
- placer des appels à l’action visibles et clairs,
- utiliser des verbes d’action (“Contactez-nous”, “Réservez”, “Achetez”),
- tester différentes couleurs et emplacements.
Un bon CTA guide l’utilisateur sans le forcer.
Pourquoi ces erreurs coûtent cher aux entreprises
Ignorer l’UX, ce n’est pas juste un détail technique. C’est un vrai risque business.
Un site mal conçu peut :
- faire fuir des prospects en quelques secondes,
- affaiblir la crédibilité de la marque,
- réduire drastiquement les ventes et demandes.
En conclusion
L’expérience utilisateur n’est pas un luxe. C’est la base d’un site web efficace.
Les entreprises africaines qui veulent se démarquer doivent miser sur :
- la clarté,
- la simplicité,
- la performance,
- et le respect des utilisateurs.
Un bon site inspire confiance, rassure et transforme les visiteurs en clients.
Et c’est exactement là que le design prend tout son sens : non pas pour décorer, mais pour créer de l’impact.
